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La Force de répression des gangs : un mandat sous compte à rebours

Une force armée internationale opère aujourd'hui en Haïti sous mandat de l'ONU. Son autorisation expire fin septembre 2026 — et personne ne sait encore si elle sera renouvelée.

Dark Ayiti17 juillet 20267 min pou li
La Force de répression des gangs : un mandat sous compte à rebours

Après l'échec relatif de la mission kényane MSS (Multinational Security Support), critiquée notamment après des accusations de violences sexuelles impliquant certains de ses membres, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte fin 2025 la résolution 2793, qui autorise la transition vers une nouvelle force : la Gang Suppression Force (GSF), ou Force de répression des gangs.

Dirigée par le représentant spécial Jack Christofides, ancien haut responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU, la GSF commence à se déployer début avril 2026 avec l'arrivée discrète des premiers contingents tchadiens à Port-au-Prince — sans conférence de presse, sans photo officielle. Le commandement opérationnel de la force est confié au général mongol Erdenebat Batsuuri.

Une montée en puissance encore incomplète

Le 20 juillet 2026, Christofides présente son quatrième rapport devant le Conseil de sécurité. Il y détaille une montée en puissance progressive : mise en place du quartier général, des structures de renseignement, des règles d'engagement. « La mise en œuvre progresse de manière régulière », affirme-t-il, tout en reconnaissant que la force n'a pas encore atteint son plein déploiement opérationnel face à des groupes armés qui continuent d'étendre leur emprise sur de larges portions du territoire, notamment dans la zone de Kenscoff où des attaques de gangs ont fait au moins 61 morts et près de 5 840 déplacés à la mi-juillet 2026.

La course contre la montre de septembre

Le calendrier presse : le mandat actuel de la GSF expire à la fin du mois de septembre 2026. Le 23 juillet 2026, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) adresse un appel officiel au Conseil de sécurité pour réclamer son renouvellement, estimant que la mission reste « indispensable » pour accompagner Haïti vers des élections générales prévues cette même année — un processus électoral que la crise sécuritaire menace en permanence de faire dérailler.

Entre un déploiement encore incomplet, une violence des gangs qui continue de déplacer des dizaines de milliers de personnes, et une classe politique haïtienne fragilisée, la question qui plane sur septembre 2026 dépasse la seule prolongation bureaucratique d'un mandat onusien : c'est la question de savoir si la communauté internationale est prête à s'engager, cette fois, sur la durée.