L'histoire éclaire le présent.
Économiste formé à Washington, il a choisi de rentrer et de construire Banj sans investisseur formel, porté par tout un réseau de soutiens. Portrait d'un modèle adapté aux contraintes réelles d'Haïti.
Insécurité, électricité, monnaie : les trois murs qui étouffent l'entrepreneuriat haïtien, et le levier de 5 milliards que personne n'utilise.
Ancienne ministre des Affaires étrangères et ambassadrice à l'UNESCO, elle a survécu à une tentative de destitution pour avoir dénoncé les expulsions massives d'Haïtiens.
Commentateur économique devenu prétendant à la présidentielle du 13 décembre 2026 : formation, financements étrangers et angles morts d'un parcours que peu connaissent vraiment.
Le TPS a pris fin le 27 juillet 2026. Pour des centaines de milliers de Haïtiens, la question n'est plus « et si » mais « et maintenant ». Voici un plan d'action complet, organisation par organisation, option par option — pour comprendre ses droits, explorer ses alternatives légales, protéger sa famille, et continuer à vivre dignement pendant la tempête.
À peine trois jours après la fin officielle du TPS, un document interne du gouvernement américain révèle que les opérations de rafle contre les Haïtiens pourraient commencer dès cette semaine. À Springfield, dans l'Ohio, la peur a déjà pris le contrôle des rues.
Trois jours avant l'entrée en lice des Grenadiers à la Coupe du monde 2026, la FIFA a exigé qu'Haïti retire de son maillot une scène représentant la bataille de Vertières — jugée « à caractère politique ».
Pendant que les Grenadiers électrisaient tout un pays sur le terrain, des voix de l'intérieur de la Fédération haïtienne de football dénoncent un système gangrené par le favoritisme et l'opacité — jusque dans l'attribution des droits de retransmission télévisuelle.
Le 2 juillet 2026, lors d'une réception diplomatique à Port-au-Prince, l'ambassadeur américain Henry Wooster a qualifié la corruption haïtienne de « cancer destructeur » nourri par une « cupidité débridée pour l'argent et le pouvoir » — devant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lui-même.
Après quinze ans de prolongations, le Statut de protection temporaire accordé aux Haïtiens depuis le séisme de 2010 prend officiellement fin le 27 juillet 2026. Voici l'histoire complète d'un programme humanitaire devenu, en quelques années, un champ de bataille juridique et politique — et ce que sa disparition signifie concrètement pour un demi-million de personnes.
Un homme d'affaires de Floride a détourné des centaines de milliers de dollars destinés à sauver des emplois pendant la pandémie — pour financer, à la place, l'assassinat d'un chef d'État.
Après un peu plus d'un an à la tête de la mission diplomatique américaine à Port-au-Prince, l'ambassadeur Henry Wooster quitte Haïti pour le Kenya. Son bilan d'adieu résume, malgré lui, l'ambiguïté de la relation entre les deux pays.
Après plusieurs années passées aux États-Unis, l'ancien président Michel Martelly a foulé de nouveau le sol haïtien. Sous sanctions internationales pour des allégations de liens avec le narcotrafic, il est attendu par la justice dans l'enquête sur l'assassinat de Jovenel Moïse.
Une force armée internationale opère aujourd'hui en Haïti sous mandat de l'ONU. Son autorisation expire fin septembre 2026 — et personne ne sait encore si elle sera renouvelée.
Le 18 novembre 2025, jour anniversaire de la bataille de Vertières, Haïti s'est qualifiée pour sa deuxième Coupe du monde de l'histoire. Cinquante-deux ans après 1974, un pays meurtri par la violence des gangs a retrouvé, l'espace d'une nuit, une raison de descendre dans la rue pour célébrer.
Près de deux milliards de dollars documentés comme détournés. Des dizaines de responsables nommément cités par la Cour des comptes. Et pourtant, sept ans après le premier rapport d'audit, la quasi-totalité du dossier PetroCaribe reste au point mort devant la justice haïtienne.
« Nous ne dormons pas. » C'est le nom qu'a pris l'un des mouvements citoyens les plus déterminés de l'histoire récente d'Haïti — porté, pour l'essentiel, par une génération de jeunes qui refusait que le scandale PetroCaribe tombe dans l'oubli.
Avant de devenir président d'Haïti, Jovenel Moïse dirigeait une entreprise agroindustrielle qui a bénéficié de plusieurs millions de dollars issus du fonds PetroCaribe — pour des résultats que la Cour des comptes qualifiera plus tard de « stratagème ».
Le rapport d'audit de la Cour des comptes haïtienne sur les fonds PetroCaribe ne s'est pas contenté de donner un chiffre choc. Il a détaillé, projet par projet, comment l'argent a disparu sans laisser de traces.
Une simple question posée sur Twitter par un cinéaste haïtien a suffi à déclencher l'un des plus grands mouvements citoyens de l'histoire récente d'Haïti — et à mettre à nu près de deux milliards de dollars disparus.
Vingt-deux ans après l'indépendance, un président haïtien a promulgué une loi qui obligeait les anciens esclaves libres à rester attachés à la terre — sous peine d'arrestation.
En 1941, dans les campagnes haïtiennes, des milliers de paysans ont dû jurer publiquement, à genoux dans les églises, de renoncer à la religion de leurs ancêtres — sous peine d'être privés des sacrements.
Les États-Unis, nés d'une révolution contre un empire, ont mis 58 ans à reconnaître la seule autre révolution des Amériques à avoir réussi — celle d'un peuple d'esclaves.
Trois siècles avant Dessalines, une reine taïno régnait sur la moitié de l'île qui deviendra Haïti. Les Espagnols l'ont brûlée, pendue, et presque effacée de la mémoire collective.
Un an avant que les esclaves de Saint-Domingue ne se soulèvent, deux hommes libres de couleur ont été brisés vivants sur une roue, place publique, pour avoir simplement demandé le droit de vote.
Des dizaines de milliers de Haïtiens ont pris la mer sur des embarcations de fortune pour fuir la dictature, puis les coups d'État. Certains ont fini détenus des années derrière des barbelés, à quelques kilomètres des côtes américaines — pour un seul crime : avoir survécu à la traversée.
Il est 6h05 du matin. La voix de Jean Dominique s'apprête à ouvrir le journal créole comme chaque jour depuis des décennies. Elle ne le fera jamais. Vingt-cinq ans plus tard, personne n'a jamais été condamné pour son assassinat.
Une syllabe mal roulée. Un « r » trop français. En octobre 1937, la capacité à prononcer correctement un mot espagnol a décidé, en quelques secondes, qui vivrait et qui mourrait à la frontière haïtiano-dominicaine.
Napoléon Bonaparte a envoyé la plus grande expédition militaire jamais lancée vers les Caraïbes pour écraser une colonie de vingt mille anciens esclaves. Il n'avait pas prévu qu'un moustique gagnerait la guerre à sa place.
Elle n'avait ni titre militaire ni armée. Elle avait une aiguille, du fil, et vingt minutes pour coudre le symbole d'une nation qui n'existait pas encore.
Elle refusa le bandeau. Elle refusa d'être fusillée à genoux. À 21 ans, Sanité Bélair est morte debout — et l'histoire officielle l'a presque effacée.
Il a fondé le premier État noir libre du monde moderne. Deux ans plus tard, il tombait sous les balles de ses propres généraux. Comment son nom a-t-il été rendu gênant, jusque chez lui ?
150 millions de francs-or exigés d'un pays d'esclaves affranchis pour prix de leur propre liberté. Un braquage financier étalé sur 122 ans — et jamais remboursé par Paris.
Créé en 1945 pour discipliner les colonies, garanti par le Trésor français, imprimé en Auvergne. 80 ans plus tard, 14 pays africains impriment encore la souveraineté française sur leur porte-monnaie.
Quatre années au pouvoir. Vaccination massive, refus de la dette, égalité femmes-hommes, autonomie alimentaire. 15 octobre 1987, il tombe. La CIA et Paris regardent ailleurs.