Élimination rapide, opération fructueuse en coulisses : la corruption derrière les Grenadiers
Pendant que les Grenadiers électrisaient tout un pays sur le terrain, des voix de l'intérieur de la Fédération haïtienne de football dénoncent un système gangrené par le favoritisme et l'opacité — jusque dans l'attribution des droits de retransmission télévisuelle.

Sur le terrain, l'histoire est belle : 52 ans après leur unique participation à une Coupe du monde, les Grenadiers sont retournés sur la scène mondiale, électrisant toute la diaspora haïtienne. Mais derrière les caméras, une autre histoire, bien plus sombre, se raconte depuis des années dans les couloirs de la Fédération haïtienne de football (FHF).
« Tout ce que les Haïtiens touchent devient de la politique »
Dans une enquête publiée le 23 juillet 2026, The Haitian Times a recueilli les témoignages de plusieurs proches du milieu du football haïtien, sous couvert d'anonymat par crainte de représailles. L'un d'eux, en poste à la FHF depuis plus de 22 ans, résume crûment la situation : « Tout ce que les Haïtiens touchent finit par devenir de la politique. Il y a énormément de corruption. Ils cachent des choses, et à cause de ça, une personne doit couvrir pour une autre. »
Yves Jean-Bart, ancien président controversé de la fédération, va plus loin en interrogeant publiquement le processus de sélection du sélectionneur national : « Qui a choisi l'entraîneur ? »
Ces témoignages font écho à des soupçons plus concrets, documentés dès juin 2026 par le média Ify Media : les conditions d'attribution des droits de retransmission télévisuelle des matchs des Grenadiers auraient été marquées par un favoritisme manifeste, le contrat ayant été octroyé, selon plusieurs sources concordantes, à une structure proche du cercle restreint du gouvernement.
Un stade abandonné, une équipe sans domicile
Cette opacité s'ajoute à une réalité déjà cruelle : depuis février 2024, le Stade Sylvio-Cator, principal terrain de football du pays, est aux mains de groupes armés qui l'ont saccagé, volant du matériel et des équipements. Le Centre Olympique, situé à Croix-des-Missions, est lui aussi pris au piège d'une zone contrôlée par des gangs. Résultat : les Grenadiers n'ont pas pu disputer un seul match de qualification sur leur propre sol, jouant l'intégralité de leur campagne à Curaçao.
Face à cette situation, la présidente de la FHF, Monique André, a tenté de soutenir l'équipe du mieux possible dans un contexte matériel extrêmement dégradé — pendant que, selon les témoignages recueillis, une partie des ressources générées par le succès sportif de l'équipe échappait à tout contrôle transparent.
2030 se prépare déjà — sous conditions
Une élection pour renouveler le comité de la fédération est prévue en décembre 2026. Pour les observateurs du football haïtien interrogés par The Haitian Times, c'est précisément là que se joue l'avenir : sans un assainissement réel de la gestion de la FHF, sans la possibilité de jouer à domicile, et sans une préparation planifiée bien en amont, Haïti risque de revivre en 2030 le même scénario qu'en 2026.
« Tout est riche de potentiel, mais tout est freiné par la mauvaise gestion », résume un observateur. Le potentiel des Grenadiers, lui, n'a jamais été mis en doute. La question qui reste, c'est de savoir qui, exactement, en a profité.
Nan menm liy lan
Tout analiz yo
Konplo & verite kacheLe maillot qu'on nous a interdit de porter
Trois jours avant l'entrée en lice des Grenadiers à la Coupe du monde 2026, la FIFA a exigé qu'Haïti retire de son maillot une scène représentant la bataille de Vertières — jugée « à caractère politique ».
Konplo & verite kacheLe jour où l'ambassadeur américain a dénoncé la corruption droit dans les yeux du Premier ministre
Le 2 juillet 2026, lors d'une réception diplomatique à Port-au-Prince, l'ambassadeur américain Henry Wooster a qualifié la corruption haïtienne de « cancer destructeur » nourri par une « cupidité débridée pour l'argent et le pouvoir » — devant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lui-même.
Konplo & verite kacheLe financier qui a payé un assassinat présidentiel avec de l'argent du Covid
Un homme d'affaires de Floride a détourné des centaines de milliers de dollars destinés à sauver des emplois pendant la pandémie — pour financer, à la place, l'assassinat d'un chef d'État.