Le financier qui a payé un assassinat présidentiel avec de l'argent du Covid
Un homme d'affaires de Floride a détourné des centaines de milliers de dollars destinés à sauver des emplois pendant la pandémie — pour financer, à la place, l'assassinat d'un chef d'État.

Le 7 juillet 2021, le président haïtien Jovenel Moïse est abattu dans sa résidence privée de Pèlerin 5, près de Port-au-Prince, par un commando composé principalement d'anciens militaires colombiens. Cinq ans plus tard, l'enquête judiciaire haïtienne reste largement paralysée par la crise institutionnelle et sécuritaire du pays. Aux États-Unis, en revanche, la justice fédérale continue méthodiquement de dérouler le volet américain de cette affaire, transitée en grande partie par le sud de la Floride.
840 000 dollars détournés des aides Covid
Le 23 juillet 2026, un tribunal fédéral de Miami condamne Keegan Harricharan, 42 ans, à 20 ans de prison. Cet homme d'affaires avait plaidé coupable de complot de blanchiment d'argent. Le détail de son dossier donne le vertige : selon le ministère américain de la Justice, Harricharan et ses complices avaient obtenu frauduleusement plus de 840 000 dollars via le Programme de protection des salaires (PPP) et d'autres dispositifs mis en place par la loi CARES pour aider les entreprises américaines à traverser la pandémie de Covid-19.
Au lieu de cela, cet argent a servi à « promouvoir, planifier, organiser, diriger, financer et solliciter du soutien » pour le renversement du président haïtien et l'installation d'un nouveau gouvernement, selon les documents judiciaires. Dans les mois précédant l'assassinat, Harricharan participe à plusieurs réunions au cours desquelles sont discutés l'achat d'armes et de munitions destinées à l'opération.
Une douzaine de condamnations, toujours pas de procès en Haïti
Cette condamnation s'ajoute à une liste déjà longue : en mai 2026, quatre nouveaux accusés — Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla et James Solages — avaient été reconnus coupables par un jury fédéral de Miami de complot en vue de tuer ou kidnapper un dirigeant étranger. Au total, une douzaine de personnes ont désormais été condamnées ou ont plaidé coupable dans ce dossier devant la justice américaine.
Pendant ce temps, en Haïti, plus d'une cinquantaine de personnes ont été inculpées — dont Martine Moïse, veuve de l'ancien président — sans qu'aucun procès sur le fond n'ait encore pu se tenir. La seule mise en accusation produite par l'instruction haïtienne a même été annulée par la Cour d'appel de Port-au-Prince, forçant la procédure à repartir de zéro.
Cinq ans après les faits, c'est donc depuis un tribunal fédéral de Floride — et non depuis Port-au-Prince — que la vérité judiciaire sur l'assassinat d'un président haïtien continue, pièce par pièce, à se reconstituer.
Nan menm liy lan
Tout analiz yo
Konplo & verite kacheLe maillot qu'on nous a interdit de porter
Trois jours avant l'entrée en lice des Grenadiers à la Coupe du monde 2026, la FIFA a exigé qu'Haïti retire de son maillot une scène représentant la bataille de Vertières — jugée « à caractère politique ».
Konplo & verite kacheÉlimination rapide, opération fructueuse en coulisses : la corruption derrière les Grenadiers
Pendant que les Grenadiers électrisaient tout un pays sur le terrain, des voix de l'intérieur de la Fédération haïtienne de football dénoncent un système gangrené par le favoritisme et l'opacité — jusque dans l'attribution des droits de retransmission télévisuelle.
Konplo & verite kacheLe jour où l'ambassadeur américain a dénoncé la corruption droit dans les yeux du Premier ministre
Le 2 juillet 2026, lors d'une réception diplomatique à Port-au-Prince, l'ambassadeur américain Henry Wooster a qualifié la corruption haïtienne de « cancer destructeur » nourri par une « cupidité débridée pour l'argent et le pouvoir » — devant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lui-même.