Ce que l'histoire officielle a enterré.
150 milyon fran-lò yo egzije nan men yon peyi ansyen esklav pou peye pri pwòp libète yo. Yon vòl finansye ki dire 122 zan — Pari poko janm remèt yon santim.
Il est 6h05 du matin. La voix de Jean Dominique s'apprête à ouvrir le journal créole comme chaque jour depuis des décennies. Elle ne le fera jamais. Vingt-cinq ans plus tard, personne n'a jamais été condamné pour son assassinat.
Les États-Unis, nés d'une révolution contre un empire, ont mis 58 ans à reconnaître la seule autre révolution des Amériques à avoir réussi — celle d'un peuple d'esclaves.
En 1941, dans les campagnes haïtiennes, des milliers de paysans ont dû jurer publiquement, à genoux dans les églises, de renoncer à la religion de leurs ancêtres — sous peine d'être privés des sacrements.
Un homme d'affaires de Floride a détourné des centaines de milliers de dollars destinés à sauver des emplois pendant la pandémie — pour financer, à la place, l'assassinat d'un chef d'État.
Après plusieurs années passées aux États-Unis, l'ancien président Michel Martelly a foulé de nouveau le sol haïtien. Sous sanctions internationales pour des allégations de liens avec le narcotrafic, il est attendu par la justice dans l'enquête sur l'assassinat de Jovenel Moïse.
Une simple question posée sur Twitter par un cinéaste haïtien a suffi à déclencher l'un des plus grands mouvements citoyens de l'histoire récente d'Haïti — et à mettre à nu près de deux milliards de dollars disparus.
Le rapport d'audit de la Cour des comptes haïtienne sur les fonds PetroCaribe ne s'est pas contenté de donner un chiffre choc. Il a détaillé, projet par projet, comment l'argent a disparu sans laisser de traces.
Avant de devenir président d'Haïti, Jovenel Moïse dirigeait une entreprise agroindustrielle qui a bénéficié de plusieurs millions de dollars issus du fonds PetroCaribe — pour des résultats que la Cour des comptes qualifiera plus tard de « stratagème ».
Près de deux milliards de dollars documentés comme détournés. Des dizaines de responsables nommément cités par la Cour des comptes. Et pourtant, sept ans après le premier rapport d'audit, la quasi-totalité du dossier PetroCaribe reste au point mort devant la justice haïtienne.
Trois jours avant l'entrée en lice des Grenadiers à la Coupe du monde 2026, la FIFA a exigé qu'Haïti retire de son maillot une scène représentant la bataille de Vertières — jugée « à caractère politique ».
Pendant que les Grenadiers électrisaient tout un pays sur le terrain, des voix de l'intérieur de la Fédération haïtienne de football dénoncent un système gangrené par le favoritisme et l'opacité — jusque dans l'attribution des droits de retransmission télévisuelle.
Le 2 juillet 2026, lors d'une réception diplomatique à Port-au-Prince, l'ambassadeur américain Henry Wooster a qualifié la corruption haïtienne de « cancer destructeur » nourri par une « cupidité débridée pour l'argent et le pouvoir » — devant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lui-même.