Le retour de Martelly : un ancien président sous sanctions face à la justice
Après plusieurs années passées aux États-Unis, l'ancien président Michel Martelly a foulé de nouveau le sol haïtien. Sous sanctions internationales pour des allégations de liens avec le narcotrafic, il est attendu par la justice dans l'enquête sur l'assassinat de Jovenel Moïse.

Le 15 juillet 2026, Michel Joseph Martelly — chanteur populaire connu sous le nom de « Sweet Micky » devenu président d'Haïti de 2011 à 2016 — atterrit à Port-au-Prince et rejoint son domicile de Pétion-Ville, où plusieurs dizaines de sympathisants, accompagnés d'orchestres rara, l'accueillent aux cris de « Le père est de retour ! ».
Ce retour, le premier en plusieurs années, intervient dans un contexte particulièrement sensible. Martelly avait été convoqué en juin 2026 par le juge d'instruction Cyprien Jean Denis Pierre, chargé de l'enquête complémentaire sur l'assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021 — une audition reportée à la demande de ses avocats. Aucune accusation formelle n'a, à ce jour, été rendue publique contre lui dans ce dossier précis.
Sous sanctions, sans procès
Mais Martelly est aussi, depuis plusieurs années, sous le coup de sanctions individuelles imposées par le Canada, les États-Unis et l'Union européenne, qui l'accusent d'entretenir des liens avec des réseaux de trafic de stupéfiants et de parrainer des groupes armés. Ces accusations, formulées dans le cadre de régimes de sanctions administratives, n'ont pas fait l'objet d'un procès pénal permettant d'établir une culpabilité au sens juridique du terme — mais elles pèsent lourd sur l'image publique de l'ancien président.
La presse haïtienne, elle, se divise immédiatement sur l'interprétation à donner à cet événement. Dans les cercles proches du parti PHTK que Martelly a fondé, son retour est présenté comme « historique » et « populaire ». D'autres médias, plus critiques, y voient au contraire le retour d'une figure controversée dans un pays en pleine transition politique fragile, à quelques mois d'élections générales dont l'organisation reste, à ce jour, hautement incertaine.
L'ombre de PetroCaribe
Le retour de Martelly ne peut se comprendre sans le rappeler à un dossier plus ancien : celui du scandale PetroCaribe, dans lequel son nom — ainsi que ceux de plusieurs de ses anciens collaborateurs — a été cité à de multiples reprises par les rapports d'audit de la Cour supérieure des comptes haïtienne, sans jamais déboucher, à ce stade, sur une condamnation définitive.
Interrogé sur les motivations réelles de ce voyage, Martelly n'a donné aucune explication publique. Il s'est contenté de traverser la foule, sans répondre aux questions des journalistes présents — laissant, une fois de plus, planer le doute sur ce que son retour signifie vraiment pour la suite de la transition politique haïtienne.
Nan menm liy lan
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