AnalysesRésistance & figures oubliées

Sanité Bélair, la flamme oubliée de la révolution

Elle refusa le bandeau. Elle refusa d'être fusillée à genoux. À 21 ans, Sanité Bélair est morte debout — et l'histoire officielle l'a presque effacée.

Dark Ayiti14 janvier 20266 min de lecture
Sanité Bélair, la flamme oubliée de la révolution

Il y a des visages que la République française n'a jamais voulu voir sur ses billets. Celui de Sanité Bélair en fait partie.

Une lieutenante à 20 ans

Née libre à Verrettes en 1781, Suzanne « Sanité » Bélair rejoint l'armée indigène aux côtés de Toussaint Louverture. Rapidement promue lieutenante — un grade rarissime pour une femme dans une armée du XVIIIe siècle —, elle commande, se bat, prend des risques que les manuels préfèrent attribuer à ses homologues masculins.

L'exécution

Capturée par les troupes de Rochambeau en 1802, elle est condamnée à mort. Son mari Charles Bélair sera fusillé, elle décapitée — une distinction destinée à l'humilier. Elle exige d'être fusillée comme un soldat. Elle refuse le bandeau. Elle regarde ses bourreaux jusqu'au bout.

« Viv libète, aba esklavaj ! »

Sanité Bélair, avant d'être exécutée

Pourquoi son nom manque

Parce qu'une femme noire debout face à un peloton colonial reste, deux siècles plus tard, une image que certains préfèrent ne pas transmettre. Dark Ayiti la remet où elle doit être : dans le récit fondateur.